Là où on l’attend. Là où on ne l’attendait pas

Ça va bien s’passer… Un titre porteur d’espoir pour le 3ème album de Flynt qui avait mis tout le monde d’accord dès son premier opus, J’éclaire ma ville, en 2007, suivi d’Itinéraire Bis en 2012.

Enfant du 18ème arrondissement, aujourd’hui jeune quarantenaire, Flynt est considéré comme une des meilleures plumes francophones. Indépendant depuis ses débuts, salarié durant la semaine, il écrit la nuit. Tout le temps qu’il ne consacre pas à son emploi et à sa famille, il le consacre à sa passion, le rap. A chaque fois que Flynt sort un album, il le fait vivre le plus possible, en particulier sur scène, puis il replonge dans le quotidien de tout un chacun, pour s’en inspirer et nourrir ses textes de la réalité de la vie et de la réalité des sentiments. Sa démarche artistique est portée par une quête d’authenticité. L’attente est longue entre chaque album mais elle en vaut la peine.

 

Ça va bien s’passer est écrit au plus près de ce que chacun d’entre nous a vécu, vit ou pourrait vivre. Au plus près de ce que chacun d’entre nous a déjà ressenti, ressent ou pourrait ressentir. Ce nouvel album est un manifeste appelant à profiter de la vie, à vivre ses passions, à croire en soi et en ses rêves, à relever la tête dans l’épreuve et la difficulté et à chercher le bonheur, avant les regrets.

Flynt y délivre un rap rare, acerbe, percutant et touchant à la fois, un rap ancré dans le réel. Les histoires sont belles, l’égotrip y est savoureux. Il pose un regard audible sur la vie et délivre une grosse performance rapologique. A l’heure où le sens des mots et les messages véhiculés n’ont aucune importance pour l’industrie du rap, les radios et une majeure partie du public, Flynt met du baume au cœur des amateurs de lyrics et affiche sa volonté de transmettre, de dire, de raconter, de s’adresser aux autres. Les thèmes majeurs de ce nouvel album sont l’amour, la passion, le travail, l’argent, la mort, la haine, la routine, la réussite, l’échec. Sans oublier le rap et le football. Autant de sujets qui nous parlent à tous et pour lesquels chacun d’entre nous, à son niveau, souhaiterait que « ça se passe bien ».

Flynt a débuté à la fin des années 90 mais il n’est pas nostalgique du boom-bap ni de l’ancienne école. Beats et flows actuels. Sur la forme, Flynt est là où on ne l’attendait pas, sans faire de jeunisme. En quête d’évolution, il a trouvé sa formule. Le talent et la plume sont intacts et de ce point de vue, il est là où on l’attendait.

Les 12 titres ont été composés par 12 beatmakers différents, A2H, A Little Rooster, BBP, Blixx, Dark Factory, Dee Eye, Jorick Beats, Mayer & DN, l’Orfèvre, Sheldon, Zekwé Ramos et le pianiste Sofiane Pamart.

Au micro, Flynt s’est entouré du lyriciste et hitmaker belge Jeanjass, de l’étoile montante du rap parisien Sopico et de son compère de toujours Nasme.

Rarement un titre d’album n’aura autant tenu sa promesse.

Oui, ça valait la peine d’attendre.